vendredi 15 décembre 2017

Patrick est parti

Par Josée Boudreau

Il l’avait dit : « Fais attention, je pourrais m’en aller pour de bon ». Aujourd’hui j’ai l’impression que c’est de ma jeunesse, dont il parle. J’avais eu le même malaise à la mort de Bowie et de Prince. Je n’étais pas une croupie mais en écoutant en boucle le répertoire des B.B., je me surprenais à connaître toutes les paroles. C’était comme de sentir les madeleines de Proust, je tirais sur le fils de mes souvenirs et il était sans fin.

J’ai jeté un œil pendant 5 minutes, puis 30 minutes, puis une heure sur Youtube et j’ai revu les vidéoclips que je voyais jadis sur Musique Plus. « Pourquoi t’es dans la lune, pourquoi t’as salé ton café… » Wow! C’était bon de vivre à l’époque de l’exubérance, des vêtements colorés, des cheveux trop longs, trop bouclés.

J’ai des flash-back, de mes vingt ans. Les 3 beaux mecs et moi aussi dans la splendeur de notre jeunesse. Belle comme on l’est tous à vingt ans, des projets plein la tête et bientôt un joli ventre arrondi par le fruit de mes amours.  J’ai de merveilleux cheveux d’ébène, longs comme ceux de Patrick qui battent au vent.

La vie a couru me laissant à la sortie de mes quarante ans.  J’aime encore avoir les cheveux dans le vent même s’ils sont plus courts et parsemés de fils blanc. Mes yeux sont désormais entourés de quelques traces de sourires. Je croque dans la vie parce que j’entrevoie de plus en plus sa fragilité. Je suis contente d’apprendre que Patrick, le Beau Blond en chef était un vrai gentil.