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mercredi 3 juin 2015

L'observateur du troisième - Chapitre 13 : L'histoire de Normand Bouchard

Par Josée

On dirait bien que cela brasse dans la piaule de Paule et Paula. Même si depuis une semaine je suis sous le charme d'Esther, je n'oublie pas mes devoirs et la piaule de P & P mérite un grand ménage. Quelle affreuse image pour les enfants du quartier! 

Il y a environ six mois, je me suis introduit en me faisant passer pour un client, j'ai totalement joué le jeu pour ne pas éveiller les soupçons. En entrant dans la maison j'ai été reçu par les deux tenancières. Pour des femmes matures elles ne sont pas mal, je dirais même plutôt sexy. Mais bon, n'oublions pas que ces femmes encouragent les mauvaises mœurs.

Les murs étaient peint de couleurs vives du rouge, de l'orange, du jaune... Des sofas en velours et des luminaires de cristal. On aurait dit une peinture de Toulouse-Lautrec. Une des deux mesdames P. a ouvert un panneau qui a glissé sur des roues et a laissé apparaître les photos des femmes disponibles pour la soirée. Il y avait des seins pour tous les goûts: des raisins, des pommes, des cerises, des poires, des pastèques, des citrons... Cela donnait faim!

Elles ne savaient pas ce qui les attendait en laissant entrer le renard dans le poulailler. 5:55, c'est l'heure de la cigarette. Je vais prendre un peu l'air sur le balcon. Mais c'est curieux, on dirait MA Esther qui entre chez Alicia?

mardi 19 mai 2015

L'observateur du troisième - Chapitre 10: L'histoire de Normand Bouchard

Par Josée

Depuis une semaine, je n'arrête pas de penser à elle. Tous les soirs je traîne autour de sa maison espérant entendre à nouveau le son du piano ou entrevoir sa jolie silhouette. Je rêve de la voir sortir de chez elle et de l'aborder, mais elle n'est jamais seule, il y a toujours la vieille qui monte la garde.

Comme j'aimerais avoir une femme avec autant de classe à mon bras, je ferais tout pour elle je sortirais même de ma tour d'observation. J'ai commencé à lui faire livrer des fleurs, à tous les jours, d'immense bouquets de roses rouge comme elle le mérite. Je suis certain qu'elle ne restera pas indifférente aux cadeaux de son admirateur secret.

Ce soir, je profiterai de leur promenade quotidienne pour m'introduire chez elle et placer quelques caméras. 


mardi 12 mai 2015

L'observateur du troisième - Chapitre 8: L'histoire de Normand Bouchard

Par Josée

Je ne sais pas si c'était le son du piano ou l'odeur du jardin qui m'avait d'abord attiré. Je me suis approché de cette maison hors du commun du boulevard Pie-IX.  J'entrevoyais une silhouette de femme au piano. Elle jouait un air à la fois triste et tellement beau. Je me suis faufilé derrière la rangée d'arbustes, il y avait une fenêtre dans le coin de la pièce. Je la voyais très bien. C'était une belle femme avec les cheveux remontés en chignon, elle portait une robe vaporeuse bleue très pâle. On aurait dit un ange. Son regard semblait perdu au loin comme s'il cherchait l'histoire de cette mélodie nostalgique.

La pièce ou trônait le magnifique piano à queue semblait venir d'ailleurs comme si je remontais le temps et que j'observais le salon de la famille Dufresne dans leur Château en haut de la côte qui mène à Sherbrooke. Les murs étaient colorés de fabuleux tableaux. Quelle classe!  Qu'est-ce qu'une femme comme elle faisait ici? Et puis le jardin sentait tellement bon, je me suis assis à l’abri des regards et j'ai fermé les yeux. Tout ceci me calmais.

Lorsque j'ai rouvert les yeux, le piano ne jouait plus et le soleil se levait. Je suis sorti précipitamment de ma cachette et je suis rentré à la maison.



lundi 11 mai 2015

L'observateur du troisième - Chapitre 7: L'histoire de Normand Bouchard

Par Josée

Cette histoire de chien m'a fait réaliser le nombre incroyable d'animaux domestiques qu'il y avait dans le quartier. Certains propriétaires achètent des animaux sans en mesurer les conséquences, ils sont trop mignons dans la cage de l'animalerie mais une fois devenu gros c'est moins drôle.  Les chiens sont mal dressés, ils polluent les trottoirs de leurs excréments et nos oreilles de leurs jappements. Pour ce qui est des chats, leur sort est encore plus triste, ils les jettent à la porte et arrêtent de les nourrir.  Les ruelles sont pleines de générations de chats errants qui se nourrissent dans les ordures ménagères. 

Et personne s'en préoccupe. J'ai dû prendre les choses en main, c'était une question de santé publique, il y a des limites au nombre de chats errants que l'on peut tolérer. Aujourd'hui, il y en a beaucoup moins et pour une fois les salops des services sanitaires sont venus les chercher. Dans chaque rue il y avait au moins deux ou trois chats étendus, une épidémie qui les faisaient mourir après avoir saigné du nez, des oreilles et de la bouche, même chose pour les rats et les autres petits rongeurs. Les résidents commençaient à se plaindre de l'odeur et le spectacle faisait pleurer les enfants. Il parait que les vétérinaires auraient constaté la même chose chez quelques chiens.

La mort aux rats mélangé aux thons et disposée dans de petits sacs au travers les ordures ménagères est un délices pour les chats, les rats et les chiens laissés sans surveillance. Après l'ingestion, le produit empêche le sang de coagulé alors la moindre petite blessure devient mortel. Extérieurement le sang s'écoule par les principaux orifices: nez, oreilles, bouche si c'est pas suffisant, ce sont les organes internes qui se désagrègent, cela prend au plus 3 à 5 jours.

Je comprends que tout ceci était radical mais après le grand nettoyage des autorités, tout le monde va être heureux et les propriétaires vont enfin tenir leur chien en laisse. J'ai aussi remarqué que les gens respectent plus les horaires prévus pour les vidanges. Il faut avouer que les fonctionnaires municipaux et les policiers surveillent un peu plus les sacs verts.

Moi je reste humble face à l’événement, c'est pas nécessaire que l'on connaisse le nom du héro.


dimanche 10 mai 2015

L'observateur du troisième - Chapitre 6: L'histoire de Normand Bouchard

Par Josée

Je ne sors plus de chez moi avant la tombée de la nuit, de cette façon je ne suis pas obligé de fraterniser avec tous les écornifleurs qui passent leur vie sur le balcon faute d'avoir rien de mieux à faire. J'en profite pour faire un peu de surveillance dans le quartier, il faut bien que quelqu'un s'en charge. Les mauvais comme les rats sortent la nuit, moi je les ai à l'oeil. J'ai une adaptation mobile de mes petits caméras cachés dans mon chapeau et je suis prêt à apporter les preuves si c'est nécessaire. 

Certains commerces de la promenade ont installé des terrasses, les balcons des deuxièmes étages ont commencé à fleurir, c’est presque agréable si l’on faisait exception de cette odeur persistante de levure dont j'arrive pas à trouver la provenance. Et puis, cette rêverie me rend imprudent et je me retrouve le pied dans une masse brune à la texture molle et encore tiède. 

"Tabarnak" je lève les yeux et j'aperçois mon gros insouciant de voisin devancé par son gros chien noir sans laisse. De retour chez moi, je passe une demi-heure à faire disparaître les traces nauséabondes. Pour accélérer le processus de séchage, je dépose ma paire de souliers sur mon balcon arrière. 

Quelques heures plus tard, lorsque j'entre mes souliers, je vois le maudit chien noir, dans la cour qui se prélassait dans le gazon. Je suis toujours enragé par ce qui est arrivé. Je me dirigea vers la cuisine et je confectionne une belle grosse boule de bœuf hachée à laquelle j'ajoute de beaux moreaux de bacon et beaucoup de poudre Lax-a-day. Je ressors sur le balcon et lance la belle boule appétissante sur laquelle le gros chien noir se lance sans attendre. Quelques minutes plus tard, le voisin rappela son chien, moi j'attends la suite sur mon balcon. 

Le cri du voisin, qui jeta à nouveau son chien dehors est l'illustration parfaite du résultat de l'opération. Ma colère s'estompa enfin et je rentre dans la maison. Je me sens mieux que je ne m'étais senti depuis des mois.


vendredi 8 mai 2015

L'observateur du troisième - Chapitre 5: L'histoire de Normand Bouchard

Par Josée

Je n'ai pas beaucoup de talent au niveau social, je dirais même que j'en ai de moins en moins avec les années. J'ai cependant un don pour les chiffres, et la place de plus en plus grande qu'a pris Internet m'a permis de devenir riche de façon très discrète.  Je me cache derrière une compagnie à numéros et personne ne pourrait deviner ce qu'il y a dans mes comptes bancaires.

Personnellement, je n'ai pas besoin de grand-chose et j'ai déjà plus d'argent qu'il est nécessaire pour toute une vie.  Pour moi c'est un jeu. Chaque jour je fais le tour de l'actualité économique, je lis des états financiers, je pousse même l'effronterie jusqu'à appeler les gestionnaires des entreprises prometteuses pour demander comment vont les affaires. La plupart aiment se vanter de leurs bons coups. Moi, je sais comment utiliser l'information. J'aime aussi jouer avec les devises étrangères, quelques milliers de dollars dans les bons comptes peuvent rapporter beaucoup.

Dans ma vie retranchée du monde, en haut de ma tour, j'observe ce qui se passe en bas. Comme j'aime la discrétion, j'ai installé sur mes balcons avant et arrière de minuscules caméras qui enregistrent tout ce qui se passent et c'est mauvais. Le monde est mauvais et Il aurait besoin d'un peu d'aide pour le nettoyer de tous ces parasites. J'ai transformé mon salon double en salle d'observation avec plusieurs écrans et je note les éléments dérangeants, il faudra bien que quelqu'un s'en occupe.


jeudi 7 mai 2015

L'observateur du troisième - Chapitre 4: L'histoire de Normand Bouchard

Par Josée

3:33, c'est l'heure de ma cigarette, j'y ai seulement droit lorsque l'horloge indique des nombres identiques.  Il y a des jours où je n'arrive pas à fumer parce que je ne suis pas assez concentré, quand l'heure est passée, c'est tant pis pour moi. Si j'oublie de regarder l'horloge à 5:55, je dois attendre jusqu'à 11:11, j'en profite pour dormir.  La nuit, je ne dors pas, j'en profite pour fumer. Lorsque j'en grille une sur le balcon, je prends contact avec le monde qui m'entoure et l'action ne manque pas la nuit comme le jour. 

D'en haut, j'observe tel un voyeur. J'observe et je juge. Il y a eux et il y a moi.  Je ne fais pas partie de ceux qui vivent en bas, les bruyants, les paresseux, les incultes, les ivrognes, les drogués. Je suis immunisé par mes diplômes, ma grande culture, l'ouverture sur le monde que m'a procuré mes nombreux voyages à travers le monde, et puis on ne devient pas ivrogne lorsque l'on ne boit que des grands crus.

La semaine passée, les voisins du deuxième avaient décidé de laver leur linge sale sur le trottoir. Il était difficile de ne pas suivre la conversation, on aurait dit qu'il enregistrait pour une télé-réalité avec des micros cachés dans les cheveux.
-Pas question que ce soit ton frère qui soit le parrain de mon enfant!
-C'est toujours toi qui décide Tabarnak.
-Mais c'est qui, qui va être pogné avec le p'tit quand tu seras en-dedans?
Et les voisins d'à côté ne sont pas mieux. Ils vivent à peu près dix dans l'appartement. Les grands-parents, les enfants et les petits-enfants. C'est pour s'entraider et apprendre à vivre sur le B.S. L'été passé, ils ont sorti le grand-père sur le balcon avec sa chaise roulante et le vieux buvait sa bière avec une paille, il avait mal aux bras, des vrais Bougons.