vendredi 7 avril 2017

Carte postale de Cracovie

Par Josée Boudreau

Attablée pour le petit déjeuner dans un café près de l'hôtel, un des murs est décoré d'instruments à vent qui semblent avoir passé le temps et accueilli en leur ventre bien des souffles. De gros luminaires sont recouverts de fleurs en tissus rouges, rose et mauve. Plusieurs tables en bois pâle avec de jolis nappes fleuries sont entourées de grands fauteuils confortables en velours​ prune.

J'ai commandé un petit déjeuner à l'Américaine. En Pologne les petits déjeuners sont copieux pas comme ceux de l'Europe de l'ouest habituellement composés de moreaux de baguette, de croissants, de confiture et de café au lait. Ici il y a souvent des oeufs, des saucisses, des fromages et des tomates, beaucoup plus salé que sucré.

La viande est au coeur de la nourriture polonaise. La restauration rapide existe mais se constitue plus de kebab et de pizza que de frites et de hamburgers. Il y a très peu de chaînes américaines. On fait également de grands sandwichs avec tomates et fromage, un mélange de pizza et de sous-marin. Tout ceci est très apprécié par la clientèle estudiantine qui continue à sillonner les routes de l'Europe.

Pour les gens de ma génération qui ont le loisir d'être un peu plus gourmets, le souper de 3 services accompagnés de bières se détaille facilement sous les 20 dollars canadien, un aubaine.

La pluie est ma compagne à Cracovie. Je me demande si je ne vais pas succomber à la tentation d'acheter un parapluie. Mais j'hésite depuis que j'ai appris et vu les jeunes ukrainiennes utiliser le parapluie comme signal pour vendre leur charme.

Hier soir, j'ai assisté à un concert à l'église St-Peter et St-Paul. Il m'a semblé tout naturel d'entendre de la musique classique à Cracovie puisque dans mon imaginaire les polonais sont des virtuoses du violon. J'ai repéré quelques boîtes de jazz autour du Rynek, j'ai espoir d'y entraîné mon chéri ce week end.


vendredi 24 juin 2016

La fête nationale

Par Josée Boudreau

Le 24 juin est ma journée nostalgique par excellence. De tous les jours de l'année c'est celui qui m'apporte le plus de sentiments contradictoires. Il m'est arrivée à plusieurs reprises d'être en vacances à l'extérieur du Québec le 24 juin mais jamais mon cœur n'était ailleurs qu'ici.

Le Québec m'habite, je célèbre sa différence, j'assume ses ambiguïtés, j'ai souvent détesté sa crainte de se tenir debout et de s'imposer. J'adore sa créativité, son ouverture d'esprit et sa façon débonnaire d'accepter l'autre. J'aime son mélange ethnique et sa ferveur à défendre la grande langue française.

Je suis du Québec, je suis le Québec et j'en suis fière. Aujourd'hui ma tête se remplie d'airs de Vigneault, de Félix, de Plume, de Beau dommage, de Piché, des gigues de la Bottine souriante et de tant d'autres. Je m'enroule dans mon drapeau fleurdelisé. J'ai des envies de poutine et de LaBatt 50.

Mon Québec qu'est-ce que l'avenir te réserve? Serais-tu devenu un peu trop sage? Un adulte craintif face à la révolution. Aurais-tu oublié qu'il faut souvent passer par les chemins de travers pour aller plus loin?

Je te souhaite un vent d'optimiste, un ouragan qui te sortira de la morosité.



Bonne fête nationale !