samedi 28 février 2015

Sex and the city montréalais

Par Josée

Depuis presque dix ans, nous nous réunissons pour bruncher, un espèce de sex in the city montréalais, bien peut-être pas aussi sexy mais bon, nous sommes quatre femmes, et sommes ensemble devenues des femmes mûres. Quatre femmes différentes au niveau culturel, familial, académique et économique et pourtant si semblables.

Dans la dernière décennie, nous avons discuté des hommes: ceux qui nous plaisaient ceux que l'on trouvait cons, ceux qui étaient nos amants ou que nous souhaitions qu'ils le deviennent, de notre envie d'abandonner le jeu de la séduction ou de s'y relancer, encore un fois... Nous avons voyagé ensemble ou par procuration en écoutant l'une de nous raconter les siens. 

Nous avons écouté et sympathisé, sans jugement, lorsque l'une d'entre nous était malade, avait des problèmes au travail ou des problèmes d'habitation. Nous avons discuté alimentation, mode, cinéma, théâtre...

Nous avons découvert des restaurants aux quatre coins de Montréal. Il est vrai que ces brunchs n'ont lieu que trois ou quatre fois par année mais à chaque fois ils sont agréables et démontrent que l'amitié et la solidarité féminine fait du bien.



vendredi 27 février 2015

Le calme après la tempête

Par Josée

(En attendant le printemps)

Le calme fut soudain brisé quand j'ouvris le téléviseur. J'avais eu besoin d'un silence de quelques heures après leur départ.  À chacune de leurs visites c'était la même chose, je me sentais de trop dans ma propre maison, c'était l'envahissement total.

Je n'arrivais pas à me concentrer sur l'écran où un comédien connu semblait de plus en plus ivre en ingurgitant shooter après shooter.  Je n'étais pas encore assez calme. Je fis d'un coup d’œil l'inventaire des dégâts  de l'ouragan.  La table du salon regorgeait d'objets hétéroclites: miettes de biscuits, vieux mouchoirs, crayons de couleurs en bois, boîtes de jus... Et au fond du couloir, un dinosaure me regardait en riant, il semblait se bidonner d'une farce que je n'avais pas comprise.

J'étouffais. J'enfilai mes vieilles pantoufles et après avoir tiré les rideaux, j'ouvris la fenêtre. Cette mise entre parenthèses de ma vie m'avais presque fait louper le début du printemps.  Les premiers crocus pointaient et bientôt la tourbe serait tachetée de vert.

Le creux de ma poche me rapporta enfin le sourire, j'y avais laissé une page du catalogue horticole, c'était l'image d'un nouveau cultivar de rosier.  Je m'assis près de la fenêtre pour mieux l’admirer et me laissai imprégner de ce petit bonheur.